« Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique s’intéressera à toi ! ». Il semble bien que cet adage populaire en forme de mise en garde soit de plus en plus d’actualité.
Crise après crise, gabegie municipale après gabegie municipale, scandale après scandale, l'intérêt des citoyens envers la chose politique s'est effrité au fil des ans.
Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Il est en effet nécessaire de distinguer la Politique « politicienne » avec un grand « P » de la politique à hauteur de citoyen : la politique municipale.
Bien loin des idéologies politiques inhérentes aux partis officiels, qui se retrouvent bien souvent de facto déconnectés du réel auquel sont confrontés leurs électeurs, il y a des hommes et des femmes qui adoptent une position plus pragmatique en s’impliquant concrètement dans la politique de leur municipalité. Un des exemples de cet engagement est incarné par Jonathan Guay.
Conscient que la politique municipale était l’affaire de tous, il décide à l’occasion des élections municipales québécoises de « réveiller l’esprit de village » en lançant le mouvement Renouveau Citoyen (septembre 2025). Il s’engage pour cela dans la course à la mairie de Ste-Émélie-de-l’Énergie, un village de Lanaudière de moins de 2 000 habitants dans lequelle il réside depuis plus de 15 ans.

« Je me suis présenté à l’élection car j’ai senti qu’on était mûrs pour un renouveau en ce qui concerne notre citoyenneté, dit Jonathan Guay. J’ai voulu impliquer les gens de mon village pour qu’ils voient au-delà des institutions politiques. J’ai essayé d’être une sorte d’étincelle, de déclencheur pour qu’on puisse enfin remettre l’Humain en avant ».
Les six principes fondateurs de ce mouvement citoyen sont à découvrir dans le programme ci-dessous.

Plusieurs objectifs concrets alimentent ce mouvement : « La démarche du Renouveau citoyen, c’est impliquer davantage la population dans la vie municipale, au-delà du simple vote aux élections. L’objectif est de créer un espace où les citoyens peuvent mieux comprendre les décisions publiques, contribuer aux réflexions collectives et proposer des solutions adaptées aux besoins réels du village. »
Jonathan parle sans ambage du caractère amorphe qu’on observe parfois au Québec en matière d’engagement politique. « Je ne veux pointer personne du doigt, mais je constate que nous sommes tous plus ou moins pris dans nos vies, dans nos préoccupations individuelles et que nous sommes parfois carrément en mode survie ».
Au cours de notre entrevue, Jonathan insistera sur une distinction linguistique qui est tout sauf superficielle. Selon lui, il est important de distinguer Ste-Émélie-de-l’Énergie la municipalité, qui est une entité purement administrative, de Ste-Émélie-de-l’Énergie, un village qui est constitué d’humains.

La notion de subsidiarité, chère au MLQ, irrigue tout le mouvement Renouveau citoyen:

À ses heures loin d’être perdues, le jeune entrepreneur autodidacte utilise sa chaîne YouTube pour mettre en lumière des initiatives locales comme Le Comptoir St-Vrac à St-Adrien, pour donner la parole à des habitants (des personnages haut en couleurs) de son village, comme Baba ou pour partager ses compositions musicales originales.
Jonathan n’a pas été élu maire en 2025, mais il n’a pas abandonné son engagement citoyen pour autant et sa page Facebook, toujours active, témoigne de cette volonté de continuer le travail.
« J’apprécie les communautés qui se prennent en main et qui s’autodéterminent, dit-il. Je vois bien que dans beaucoup de villages québécois il y a une perte de la convivialité, une certaine forme de déshumanisation même. »
Une autre notion qui reviendra souvent dans la bouche de Jonathan au cours de notre entretien est celle de la décentralisation. « Nous constatons que nos institutions font souvent défaut et qu’il est donc nécessaire que l’on reprenne nos responsabilités au niveau individuel et pour cela il faut un réseau humain, décentralisé au sein duquel la confiance prend tout son sens. Je crois qu’il est possible d’arriver à créer des cercles de réflexion entre plusieurs municipalités et de créer un véritable réseau décentralisé de gens qui se connaissent, qui partagent les mêmes valeurs et qui finissent par former un maillage social. Mais pour cela, la confiance doit être de mise ».
Le jeune entrepreneur originaire de Lévis ne se berce pas d’illusions et a bien conscience que pour le moment, il ne fait que planter quelques graines. « J’aimerais beaucoup que l'initiative Renouveau Citoyen de Ste-Émélie-de-l’Énergie inspire d’autres municipalités, de façon spontanée, à aller dans ce sens ».
Si vous connaissez d’autres municipalités québécoises dans lesquelles l’implication citoyenne bat son plein, n’hésitez pas à nous écrire, ça nous intéresse !
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